La tournée "Slacker uprising", duquel est tiré ce film, cherche à stimuler les gens à voter, à s'intéresser à la politique et à reprendre, comme le dit MM (Michael Moore), le contrôle de leur pays pour renverser W. Bush et son oligarchie antidémocratique qui l'aurait volé au nom d'intérêts économiques égoïstes.
Son objectif peut être atteint à la condition que les Américains s'inscrivent sur les listes électorales et aillent voter. Grosse commande dans le moins démocratique des pays dits démocratiques. Alors qu'ailleurs, notamment au Canada, toute personne en âge de voter est inscrit automatiquement sur les listes électorales, il faut, au pays de l'oncle Sam, faire les démarches soi-même pour s'inscrire. MM parcours les É-U pour les haranguer, les stimuler en leur offrant le même cocktail idéologique que dans ses précédents films: liberté de conscience, solidarité, dignité, liberté d'expression, égalité, laïcité et pacifisme.
Sur sa route, il rencontre des républicains fondamentalistes qui cherchent à le faire taire, le Parti Républicain qui cherche à l'abattre politiquement en lui intentant un procès et plusieurs démocrates partageant son humanisme et son sentiment (implicite) anti-impérialiste. Pour secouer un peu les gens qui se désintéressent à la politique, il utilise une méthode populiste (au sens noble du terme) fort simple et efficace: il fait monter sur scène des gens dont les enfants ont été tués en Irak (sur des mensonges et des intérêts géo-stratégiques qui n'ont rien à voir avec la démocratisation du pays agressé) ainsi que des artistes engagés (REM, Joan Baez, Rage Against de Machine, Steve Earle, Rosanne Barr, etc.) et patriotes refusant la dangereuse tangente fasciste que prend une administration complètement noyautée par le complexe militaro-industriel.
Son style simple et direct se manifeste aussi dans la critique qu'il fait des médias qui l'accusent de propagande. Il rétorque que ce sont les médias qui ont servilement rapporté les mensonges menant à l'agression illégale et amorale de l'Irak. Ce qu'il fait, lui, est de libérer une parole dissidente dont à peu près personne ne peut exprimer, les médias étant presque totalement contrôlé par la l'extrême droite fondamentaliste et impérialiste.
On prend conscience, au fur et à mesure que la date de l'élection présidentielle approche, que l'opposition à sa tournée s'organise pour le faire taire. Des hommes d'affaires influents tentent d'acheter les organisateurs de conférences pour annuler la venue de MM dans leur Collège, Université ou autre. Signe évident que la libération de la parole inquiète la caste républicaine, on menace le documentariste, on l'intimide et on le confronte avec des arguments religieux, donc irrationnels.
À quelques jours de l'élection, la tournée "Slacker uprising" se concentre sur quatre États-clés de la campagne dont l'Ohio et la Floride. On sait maintenant qu'il y a eu vol d'élection en 2000 dans le "Sunshine state". Ce que MM ne savait pas en 2004 mais qui est connu aujourd'hui, c'est le vol d'élection en Ohio qui a permis à Bush de s'accrocher au pouvoir.
Dans un excellent documentaire sur la compagnie informatique qui a volé l'élection dans cet État - Diebold - on trouve la réponse dans les efforts déployés par le président de Diebold pour offrir l'Ohio à Bush. Ce qu'il fît après l'avoir écrit directement à Georges Bush. Le documentaire s'intitule "Hacking democracy et est disponible, en version originale, sur le site www.freedocumentaries.org. Il est révélé que le dirigeant de cette entreprise est un important bailleur de fonds du Parti Républicain, que Diebold est la compagnie informatique qui possède les machines à voter en Ohio, qu'il est impossible pour quiconque de l'extérieur de vérifier et contrôler l'exactitude des résultats et du processus électoral et qu'une lettre existe pour dire que l'Ohio serait servi à Bush sur un plateau d'argent par Diebold. Une vérité que le relationniste de Diebold ne nie même pas.
Donc, la tournée de MM n'a pas réussi à battre le Président en exercice. Il a cependant fait bien davantage: éveiller les consciences des citoyens-électeurs à leurs responsabilités et forcer les fondamentalistes-fascistes à réagir. Malgré tout, rien n'a été dit sur l'impérialisme américain. Rien n'a été dit sur le vol de l'élection en Ohio, rien n'a été dit, sauf par Rosanne Barr à la toute fin, sur l'ignorance des citoyens américains et peu de choses ont été dites sur l'énorme contrôle des médias sur l'orientation des consciences américaines. Le cri de MM, finalement, est le cri d'un humaniste étasunien face au darwinisme social dont seuls les riches profitent.
La question qui titille à la fin est la suivante: quand, et par qui, cet homme sera assassiné? Après Martin Luther King, Malcolm X, les frères Kennedy et tous les autres moins connus, MM se veut un éveilleur de consciences, un empêcheur de tourner en rond très dangereux pour la caste dominante. Sa popularité en fait une cible parfaite pour le FBI, cette agence fédérale reconnue pour ses meurtres politiques nombreux.
À voir absolument!

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire